Vie chère et roupie affaiblie : la Platform Komun Syndikal interpelle le gouvernement
Réunis en conférence de presse lundi, les syndicalistes de la Platform Komun Syndikal dénoncent la flambée du coût de la vie, l'absence de croissance et un pouvoir d'achat érodé par la dépréciation de la roupie.
La Platform Komun Syndikal est montée au créneau, lundi 13 juillet, lors d’une conférence de presse consacrée à la dégradation du pouvoir d’achat des Mauriciens. Ses représentants ont pointé la hausse continue du coût de la vie et l’écart, selon eux, entre les engagements pris durant la campagne électorale et l’action gouvernementale.
Prenant la parole au nom de la plateforme, Clency Bibi a affirmé que la population souffre du renchérissement du quotidien, rapporte ION News. Il reproche au gouvernement de faire l’inverse de ce qu’il avait promis : les tarifs du carburant et de l’électricité, qu’il s’était engagé à réduire, auraient au contraire augmenté.
Deux budgets, aucune croissance selon les syndicats
Le syndicaliste a également mis en cause l’orientation économique du pays. Après deux budgets présentés par l’actuel gouvernement, il dit ne voir aucune trace de croissance. Il rappelle que l’économie mauricienne s’est longtemps appuyée sur de grands piliers — le sucre, le textile et le tourisme — pour soutenir l’activité et créer des emplois, d’après ION News.
Clency Bibi s’est par ailleurs attaqué à la dépréciation de la roupie, estimant que ce sont les grands détenteurs de capitaux qui en tirent profit, tandis que les ménages modestes en subissent les effets à travers des prix importés plus élevés.
Réserves et avertissement du FMI
De son côté, Deepak Benydin a abordé la question des réserves du pays. Il soutient que leur niveau actuel dépasse celui hérité de l’ancien régime, tout en rappelant le seuil de référence évoqué par le Fonds monétaire international : l’équivalent d’au moins trois mois d’importations. Au pouvoir depuis environ deux ans, le gouvernement, accuse-t-il, continuerait de prélever sur les plus démunis, rapporte ION News.
La sortie de la plateforme syndicale intervient dans un contexte où la dépréciation de la roupie et l’inflation importée pèsent sur le budget des ménages, dans une économie fortement dépendante des importations. Au-delà des accusations, le débat renvoie à une question de fond : la capacité de Maurice à relancer une croissance créatrice d’emplois alors que ses secteurs traditionnels s’essoufflent. La réponse du gouvernement à ces critiques, et l’évolution des prix dans les mois à venir, diront si le malaise exprimé lundi trouve un écho au sommet de l’État.
Journaliste économique. Ancien analyste de marché reconverti dans l’écriture, il traduit en langage clair la roupie, l’inflation, la Bourse de Port-Louis et les grandes manœuvres du secteur privé.
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