Wakashio, six ans après : Soobash Hurree veut porter le combat sur la scène internationale
À l'approche du sixième anniversaire du naufrage, le militant Soobash Hurree envisage une action sur la scène internationale, faute de responsables clairement identifiés. Le bilan écologique et judiciaire, lui, reste ouvert.
Alors que Maurice s’approche du sixième anniversaire de la pire marée noire de son histoire, le militant Soobash Hurree relance la pression. Rapporte Défimédia, il a manifesté le 13 juillet devant le Parlement pour rappeler qu’après près de six ans, les responsables du drame n’ont toujours pas été clairement identifiés ni sanctionnés. Estimant que la voie nationale s’enlise, il envisage désormais de porter le dossier sur la scène internationale.
Le rappel des faits reste douloureux. Le 25 juillet 2020, le MV Wakashio, un vraquier de quelque 300 mètres battant pavillon panaméen et exploité par l’armateur japonais Nagashiki Shipping, s’échoue sur les récifs au large de Pointe-d’Esny, dans le sud-est de l’île. Selon Défimédia, environ 1 000 tonnes d’hydrocarbures se déversent alors dans le lagon, provoquant une catastrophe écologique sans précédent pour l’archipel.
Un bilan écologique toujours ouvert
Six ans plus tard, la zone touchée — proche du parc marin de Blue Bay et de mangroves fragiles — porte encore les stigmates du sinistre. Pêcheurs, plaisanciers et opérateurs touristiques du littoral sud-est disent avoir vu leurs moyens de subsistance durablement affectés. La question du suivi environnemental à long terme, comme celle de la réhabilitation des écosystèmes côtiers, reste au cœur des inquiétudes des habitants du Sud-Est.
Un volet judiciaire non soldé
Sur le plan de la justice, l’affaire a longtemps piétiné. Le rapport de la Court of Investigation, tenu sous scellés pendant des années, n’a été rendu public que le 2 octobre 2025, rapporte l’express. Le document pointe notamment des lacunes dans la planification de la route, l’absence de cartes marines adaptées, une supervision insuffisante de l’équipage et le non-respect de procédures de sécurité maritime, tout en mettant en cause le système de gestion de l’armateur.
Côté réparations, les avancées restent jugées lentes. D’après les médias locaux, l’ONG Eco-Sud a cherché à saisir la Cour suprême pour réclamer des indemnisations aux sociétés japonaises impliquées, tandis que, selon LINFO.re, 1 762 habitants et opérateurs de la région sinistrée ont réclamé quelque 5,3 milliards de roupies. Pour Soobash Hurree, cette lenteur justifie précisément le recours à une instance internationale, seule à même, selon lui, de faire aboutir la reconnaissance des responsabilités.
En perspective, le cas Wakashio est devenu, à Maurice, le symbole d’un rendez-vous manqué entre catastrophe environnementale et réponse institutionnelle. La démarche annoncée par le militant, si elle se concrétise, testera la capacité d’un petit État insulaire à obtenir réparation face à de grands acteurs du transport maritime mondial — un enjeu qui dépasse largement les frontières du lagon de Pointe-d’Esny.
Grand reporter société. Elle raconte le Maurice réel — la santé, l’éducation, l’environnement, la vie des quartiers — en donnant la parole à celles et ceux qu’on entend rarement.
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