Football : Maurice se sépare du sélectionneur Guillaume Moullec à la fin avril 2026
C’est officiel. La Mauritius Football Association (MFA) a confirmé ce mercredi que l’équipe nationale de Maurice se séparera de son sélectionneur français Guillaume Moullec à la fin du mois d’avril 2026, mettant un terme à deux ans de collaboration marquée par des résultats en demi-teinte et des espoirs non concrétisés.
Deux ans de mandat, un bilan contrasté
Guillaume Moullec avait pris les rênes de la sélection mauricienne en mars 2024, succédant à Akbar Patel dont le mandat s’était terminé sans éclat. Le technicien français, auparavant actif dans les championnats nord-africains, avait été recruté avec une mission claire : professionnaliser l’encadrement de l’équipe nationale et améliorer le classement FIFA de Maurice, qui stagnait alors autour de la 170e place mondiale.
Son bilan, à l’heure du bilan, est difficile à trancher. D’un côté, des progrès réels ont été observés dans l’organisation tactique de l’équipe. Les Dodos ont adopté un pressing plus structuré et une meilleure occupation du terrain, notamment lors de la phase de qualification pour la CAN 2025. De l’autre, les résultats n’ont pas suivi : Maurice a terminé troisième de son groupe qualificatif, devancée par Madagascar et les Comores, deux nations traditionnellement comparables en termes de niveau.
Les matchs qui ont scellé le sort du sélectionneur
Plusieurs rencontres ont pesé lourd dans la décision de la MFA. La défaite 3-0 face au Mozambique en septembre 2025, sur un terrain neutre, avait soulevé des questions sur la capacité de Moullec à faire progresser l’équipe dans les duels directs face à des adversaires de niveau similaire. Puis la défaite 2-1 contre le Rwanda en novembre, alors que Maurice menait au score en première mi-temps, avait suscité des critiques de la part de nombreux supporters et acteurs du football local.
Le manque de régularité dans les performances, associé à des choix de sélection contestés — notamment l’absence de plusieurs joueurs évoluant dans des championnats étrangers — a progressivement érodé la confiance entre le staff technique et les instances dirigeantes.
La diaspora footballistique mauricienne, un vivier sous-exploité
Un des dossiers laissés en suspens par Moullec est celui de l’intégration des joueurs mauriciens de la diaspora. Plusieurs footballeurs nés à Maurice ou de parents mauriciens évoluent dans des championnats européens de division nationale ou régionale, en France notamment, et auraient pu renforcer le niveau général de la sélection. Des contacts avaient été amorcés, mais peu se sont concrétisés dans des convocations effectives.
Ce vivier reste une priorité pour la MFA, qui souhaite que le prochain sélectionneur en fasse un axe central de son projet sportif. La Réunion voisine, qui rivalise avec Maurice dans la zone océan Indien, a su tirer profit de ce même levier pour hisser son équipe à un niveau compétitif supérieur ces dernières années.
Le profil du successeur déjà en discussion
La MFA a indiqué qu’un appel à candidatures sera officiellement lancé dès le mois de mai. Selon des sources proches de la fédération, la priorité sera donnée à un technicien capable de combiner connaissance du football africain et expérience dans le développement des jeunes joueurs. Un profil capable de travailler sur deux fronts simultanément : les résultats à court terme de la sélection A, et la construction d’un vivier de talents à moyen terme via les équipes U17 et U20.
Plusieurs noms circulent déjà dans les couloirs du stade Anjalay de Belle Vue, dont des techniciens ayant officié en Afrique de l’Est et dans les îles de l’océan Indien. L’enjeu est clair : remettre Maurice sur une trajectoire de progression durable avant la prochaine fenêtre de qualification pour la Coupe d’Afrique des Nations 2027.